La compétence ne se possède pas vraiment. Elle se mobilise

Manag-in, Manager de transition

Qui dit talent, dit performance ? Ça se discute.


Je vais vous poser une question qui me trotte dans la tête depuis longtemps.
Combien de fois avez-vous recruté exactement le profil que vous cherchiez — et senti,
quelques mois plus tard, que quelque chose ne s’était pas vraiment enclenché ?
Pas un mauvais choix. Pas une mauvaise personne. Juste… un décalage. Entre ce que vous aviez projeté et ce que la réalité a produit.

Je pense que beaucoup de dirigeants ont vécu ça. Et que peu en ont tiré la conclusion qui s’impose vraiment.

Posséder un talent ne garantit pas la performance.


C’est inconfortable à admettre. Parce que ça remet en cause une logique qui nous a longtemps
semblé évidente : trouver le bon profil, le recruter, l’intégrer — et la performance suivra naturellement.
Cette logique n’est pas fausse. Elle a fonctionné. Elle fonctionne encore dans beaucoup de
situations.

Mais elle a une limite que le terrain révèle régulièrement : la compétence ne se possède pas
vraiment. Elle se mobilise. Elle produit de la valeur quand elle rencontre le bon contexte, la bonne organisation, le bon moment. Pas simplement parce qu’elle figure sur un organigramme ou dans un contrat.s

Ce que j’observe depuis des années chez les dirigeants qui traversent le mieux les périodes de transition, c’est un glissement subtil dans leur façon de penser un poste clé.

Ils ne se demandent plus seulement « quel profil recruter ? »
Ils se demandent « de quelle compétence ai-je besoin, maintenant, pour que mon organisation
avance ? »

Ce n’est pas la même question. Et elle n’appelle pas les mêmes réponses.
La première ancre la réflexion sur le statut — CDI, appartenance, intégration durable. La seconde l’ancre sur l’effet recherché. Sur ce que l’organisation a concrètement besoin de produire, dans ce contexte précis, à ce moment précis.

Ce glissement est discret. Presque invisible de l’extérieur.
Mais il change profondément la façon d’aborder un poste vacant. Il desserre la pression du « bon profil introuvable ». Il ouvre des possibilités auxquelles on ne pense pas spontanément quand on raisonne uniquement en termes de recrutement.

Les entreprises les plus agiles que j’observe n’ont pas nécessairement plus de talents que les autres. Elles ont simplement appris à ne plus conditionner leur performance à leur capacité à les posséder.
Elles accèdent à la compétence dont elles ont besoin. Au moment où elles en ont besoin.

Et elles avancent.

Peut-être que c’est là, finalement, que tout commence vraiment.

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